Une hospitalité anatolienne XXL / Anatolijska gościnność w rozmiarze XXL

Nous sentions que notre passage par Kayseri serait un moment charnière dans notre voyage. Il représentait la première étape en Asie mineure, dans une Turquie plus originelle que ne l’était Istanbul. Puis nous devions rencontrer Rüstem et les siens. Je savais qu’il prendrait extrêmement bien soin de nous et je sentais qu’il appréhendait un peu notre venue.

Wiedzieliśmy, że wizyta w Kayseri będzie kluczowym momentem naszej podróży. Stanowiła ona pierwszy etap w Azji Mniejszej, bardziej tradycyjnej, niż np. Stambul. Wiedziałem, że Rüstem przyjmie nas bardzo dobrze i czułem, że troche obawia się naszej  wizyty.

Personnellement, je n’aime pas quand des amis français vont, chez moi, en Argentine. C’est un peu comme une mise à nue, exhiber une partie de ce que je suis, avec toutes les difformités que j’ai soigneusement voilées. On a toujours peur que ces aspérités d’un pays moins développé, plus brutal ne cachent à l’autre tout ce que l’on aime de son pays, tout ce qui est en partie notre essence. Nous sommes tous un peu pudiques et je comprenais Rüstem… Il déployait une énergie folle à nous satisfaire, à faire en sorte que tout soit mémorable. Et si par malheur, nous esquissions le moindre geste pour payer ne serait-ce qu’une glace, son regard sévère nous rappelait que nous étions invités. A chacun son rôle… alors nous nous sommes laissés faire. Tant d’acharnement n’était pas nécessaire car la Turquie a les outils pour bien recevoir, mais qu’importe… c’était tellement agréable !

Osobiście tez się trochę zawsze obawiam, gdy francuscy przyjaciele jada do Argentyny. To trochę tak, jakbym miał pokazać sie nago ze wszystkimi defektami, które chcialem starannie ukryć. Zawsze boję się, że te szorstkie krawędzie mniej rozwiniętego kraju nie ukryją przed obcym okiem tego wszystkiego, za co ja go kocham, a co jest po części  istota mojego ja. Rüstem włożył ogromnoną energię, aby nas przyjać jak sułtanów. I nie pozwalał nam nawet płacić za lody, bo bylimy „w gosciach”.

Cher Rüstem… tout était parfait !

Le séjour était fraternel (à 9 dans une voiture pendant toute une journée – 40°C dehors – de nouveaux liens forcément se tissent), le centre historique de Kayseri très authentique avec l’accueil chaleureux de ce Turc de Strasbourg Cahit qui, vivant depuis 15 ans en Turquie, dit ne pas s’être complètement fait à la culture turque : « c’est trop la pagaille ! ».

Puis la visite de la Cappadoce avec ses montagnes aux couleurs vertes, ocres, brunes, sable rongées aux entrailles par des troglodytes qui s’étaient inspirés de « la guerre des étoiles » (euh… à moins que ce ne soit le contraire) et qui voulaient échapper à l’Empire d’un Dark Vador romain, sabre laser à la main.

U Rüstema … wszystko było idealnie!
Rustem wozil nas swoim samochodem, jeżdzilismy 9cioro w 7 osobowym aucie przy 40 ° C goraczce – w takiej konfiguracji tworza się scisłe, nowe więzi;)  Historyczne centrum Kayseri jest bardzo piekne, poznalismy tam Turka Cahita, który wrocil po 15 latach doTurcji i mówi, że nie lubi tak do końca tej  tureckiej, rozedrganej kultury:  „ za duży bałagan! ”.
Zwiedzilismy Kapadocję położona w górach, z piaskiem gryzącym wnętrzności troglodytów zainspirowanych „Gwiezdnymi wojnami” (uh … chyba że jest odwrotnie).

Tandis que Neval accompagnait Gosia choisir des habits plus adaptés pour l’Iran qui nous attend bientôt, « les cousins » ont pris en main Józek et Ismael pour traîner à Kayseri city et expérimenter un grand écart bien turc : Choisir une fragrance fine dans une parfumerie et acheter un Tazer dans une armurerie : Guns’n’Roses version turque. Ce n’est pas le chaud et le froid qui se côtoient en Turquie, c’est le brûlant et le gelé. Une extrême délicatesse dans la courtoisie, dans le partage qui vous envahit – un repas de sultan offert par la mère de Neval – et une choquante brutalité qui érupte violemment, parfois – un taxi qui gêne le passage et le coup de poing fleurit aussitôt du chauffeur de derrière. D’ailleurs le piéton distrait en Turquie n’est qu’une crêpe en sursis. C’est peut-être ce côté-là qui empêche Rüstem de revenir vivre à Kayseri. Des braises à fleur de peau, latentes, qui au moindre souffle, s’embrasent et brûlent.

Podczas gdy ona Neval byla na zakupach z Gosia, młodzi „kuzyni” zabrali Józka i Ismaela do centrum handlowego, aby doświadczyc wielkiego tureckiego kontrastu : wybrać dobra wodę kolonska w perfumerii i kupić broń lazerowa Tazer : to taka wersja turecka Guns’n’Roses. Turcja jest krajem kontrastów. Ekstremalna uprzejmość  – wystawny obiad u matki Neval – i zdrugiej strony szokująca brutalność : taksówka, która chce cię rozjechać na przejściu dla pieszych. Tak na marginesie, pieszy w Turcji jest potencjalnym spłaszczonym naleśnikiem, tak jeżdża tam kierowcy;) Trzeba bardzo uwazac ! Być może te niedogodnosci uniemożliwiaja Rüstemowi powrót do Kayseri…

Les retrouvailles en terre anatolienne avec Rüstem, Neval, Tülay, Eymen et Kemal nous ont permis aussi de quantifier ce qui nous sépare et ce qui nous rapproche. Comme une image en négatif de Montluel, nous étions alors les étrangers et « eux » étaient chez eux. Le décentrage de Montluel permettait d’ouvrir un dialogue de thèmes sensibles avec d’autres éclairages. Cela s’est fait avec beaucoup de délicatesse, chacun sachant que nous ne pourrions pas comprendre complètement l’autre mais avec la volonté d’écouter sans juger. Rüstem était très attentif à ce que nous ressentions et il nous demandait fréquemment ce qui nous surprenait.

Alors, doucement, nous avons échangé autour du voile, de la femme, autour de la foi musulmane, autour du mariage, autour de la langue et l’école française, autour du regard qu’ils ressentent en France – étant pourtant né en France. Cette phrase m’a ému : « avant ils [les français] ne nous aimaient pas, mais ils ne nous le disaient pas – maintenant, ils nous le disent ». Cela crée forcément des crispations. Que signifie alors intégration ? Semer les germes d’une frustration ? Je ne suis pas sûr que nous ayons encore trouvé en France la bonne formule pour vivre ensemble.

Il manque Kemal qui s’est ouvert l’orteil avec le couteau utilisé pour le mouton pendant l’Aïd 😉

Pobyt na ziemi anatolijskiej z Rüstemem i jego rodzina pozwolił nam również nazwać to, co nas dzieli i łaczy. To my byliśmy tam obcokrajowcami, a „oni” byli u siebie. Rozmawialismy trochę o wszystkim wiedząc, że nie mamy takich samych pogladow na te same tematy. Rüstem często pytał nas o nasze wrazenia i o to, co nas zaskoczyło w Turcji. Powoli więc zeszlismy na tematy zwiazane z sytuacja kobiet, z muzułmańska wiara, na temat tego, jak on czuje sie we Francji – mimo tego, ze on tam sie urodził i teoretycznie jest u siebie…  To zdanie poruszyło mnie: „Przedtem Francuzi nas nie lubili, ale nam tego nie mowili – teraz nam to mówią wprost”. Co zatem oznacza integracja? Czy chodzi o to, aby siać ziarno frustracji? Nie jestem pewien, czy znaleźliśmy we Francji na dzień dzisiejszy odpowiednią formułę do wspólnego życia.

5 commentaires sur “Une hospitalité anatolienne XXL / Anatolijska gościnność w rozmiarze XXL

  1. Oh là là !!!! Que de chemin parcouru depuis notre petit dîner au jardin :)!
    Je suis heureuse de vous découvrir à travers ce blog+++. Malgo, je soupçonnais bien tes qualités humaines derrières nos discussions de femmes, de collègues, de mères…, mais là! Que de pépites jusque là discrètes à mes yeux se dévoilent à travers ce voyage! Quelle érudition, quelle merveilleuse écriture de poète (bien partagée avec Seb d’ailleurs)!
    Je me délecte de vous lire au gré des minutes glanées « entre deux » .
    bizzzz de Lugdunum 🙂

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    1. Hello, hello Aurélie, mhh, tu me fais rougir ha ha ! Contente que notre aventure et notre récit te plaise, le meilleur de soi s’active à travers des rencontres, expériences… Bisous à vous 4, et bonne rentrée ! Gosia

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